Cela s’appelle en français passer pour un con. En anglais, je dirais juste que c’est “relatively embarassing”
Le dénommé Michael Reiss a été au cours de l’année 2006 engagé à la tête de l’éducation de la prestigieuse Royal Society anglaise (l’équivalent de l’académie des sciences outre-manche). Cet estimable personne était – est toujours – membre de l’église anglicane, ce qui pourrait poser problème dans le sens où science et religion(s) ne marchent pas exactement sur la plage lors d’un coucher de soleil, la main dans la main et la zigounette dans le pilou-pilou. On peut donc se douter de la position de M. Reiss quant à la théorie de l’évolution et du créationnisme.
Certes.
Il est resté jusqu’à récemment à ce poste, c’est à dire deux ans, ce qui peut paraître un tantinet long aux gens qui, comme moi, ne croient pas vraiment aux amours de la science et des croyances. Deux ans, c’est long, ce qui veut dire qu’il a plus ou moins réussi à accomplir la tâche pour laquelle il avait été nommé. Mais il vient de quitter ce poste, pour une raison très simple. Il a récemment estimé le souhait que le créationnisme soit enseigné dans les écoles, ce qui a déclenché un tollé de la part des scientifiques anglais, tollé à mon sens justifié.
Car engager un religieux à un poste aussi haut-placé au sein d’une organisation scientifique aussi prestigieuse que la Royal Society pose problème quant à l’image que l’on veut donner de la science. Je ne dit pas que seuls les athées ont le droit de citer en science, mais le fait que M. Reiss soit également très haut-placé au sein de l’église anglicane posait à la base un conflit d’intérêt relativement flagrant.
Les conceptions de l’église et de la science sur le monde sont tout simplement trop différentes pour être rapprochées. Un débat “raisonné et raisonnable” n’est, à mon sens, pas possible entre la science et la religion parce que la science et la religion agissent sur deux plans différents (cela fait penser au NOMA de Gould, pourquoi pas). La science est question de faits, la religion d’idées et d’imaginaire.
Vouloir rapprocher les deux en nommant un religieux à la Royal Society était louable, mais impossible.
Et en plus, il dit des conneries…

cré(a)ti(o)nisme