Cela a été annoncé par un certain nombre de médias, y compris par RFI que j’écoute d’une oreille discrète au sortir des bras de Morphée dans mon humble demeure berlinoise, on s’autorise à penser dans les milieux autorisés que ce serait possible qu’il se pourrait que notre très cher et tendre et aimé président de la République puisse possiblement réarranger la composition du gouvernement.
À cette occasion, toujours selon la formule consacré des milieux autorisés, il se pourrait que certains poids lourds (re)fassent leur entrée au gouvernement. Il se pourrait que certains se voient promus du rang de mini-ministre à celui de vrai ministre, il se peut que certains s’en aillent complètement du gouvernement (c’est même une certitude pour certains d’entre-eux.) Bref, il va se passer un petit jeu de chaises musicales dont seuls les ministres ont le secret.
Car il est une chose dont il faut bien se rendre compte, c’est que l’attribution de portefeuilles (ministériels puis tout court au vu des salaires perçus) ne doit rien aux compétences possibles des candidats. On a jamais demandé à un ministre de l’agriculture d’être agriculteur de métier, quoique connaitre un minimum sa biologie peut aider, de même que connaitre son droit peut aider à rentrer au ministère de la justice.
Mais cela ne fait pas tout, même quasiment rien, au vu des compétences des différents membres de gouvernements successifs et surtout du rapide coup d’œil du CV de ministres actuels ou anciens, premiers ou seconds. Ce qui fait une carrière, ce sont les relations avec celui, celle ou ceux qui tien(en)t le pouvoir.
Politique est dérivé du mot grec πόλις signifiant cité ou état. On pourrait donc penser qu’un homme ou une femme politique est intéressé par la cité out l’état, c’est à dire de servir l’intérêt de la cité ou de l’état et donc par extension, ceux qui y habitent. On appelle cela l’intérêt général je crois. Ajouter à cela une légitimité (que j’oserai à peine qualifier de politique) dérivant d’un mandat donné par le peuple et on serait en droit de penser que le principal intérêt de la classe politique française est le peupl, le public, les gens, vous, moi.
Alors pourquoi il m’est impossible de ne pas penser le contraire ? Pourquoi suis-je persuadé que la classe politique se fout de nous. Pourquoi suis-je persuadé que le possible éventuel remaniement ministériel ne concerne que les intéressés, et encore ? Pourquoi suis-je choqué, certes, mais pas le moins surpris quand la loi Hadopi (contestée et surtout contestable) est voté par une trentaine de députés seulement, sur les 577 que devrait contenir l’hémicycle ? Certes, il y avait la pause déjeuner (bifteck-frites à la cantine ce midi-là, murmure-t-on dans les milieux autorisés) mais cela ne peut pas tout expliquer. À moins bien sûr que la multitude de mandats dont jouit un député aujourd’hui ait quelque chose à voir avec ce trou noir législatif. Pourquoi tout cela ne me surprend-t-il plus ?
Il est important tout de même de savoir que dans notre système électoral actuel qui a renvoyé les élections législatives au rang de simple formalité pour la majorité présidentielle du très fraichement élu président, ce n’est plus à l’assemblé que tout se joue mais bien dans le calme feutré et le charme discret des salons des ministères et de l’élysée que tout se joue. Ceux qui suivent l’actualité politique comme d’autres les résultats de leur équipe/joueur/joueuse favori(te) vont donc se pencher attentivement sur la question et nous pondre une série d’analyses tout aussi fouillées qu’inutiles et indigestes. Le seul vague intérêt que je pourrais voir à ce jeux de chaises musicales version xxl serait la source d’inspiration qu’il constituerait pour les humoristes, comiques et autres chroniqueurs qui égayent la fin de ma pause déjeuner chaque jour de la semaine.
C’est clair qu’avec la classe politique que l’on se paye en ce moment, il y a de quoi se marrer.
