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Archive for the ‘Auf Deutsch’ Category

Au fait

En ce jour passé qu’il est déjà fini, c’était l’anniversaire de la Bundesrepublik Deutschland.

L’Allemagne fédérale a été créée le 23 mai 1949, il y a donc 60 ans.

Zum Geburtstag viel Glück!

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Un mois de retard

C’est le temps (de retard donc) que j’ai mis pour écrire cette note. L’aéroport de Tempelhof à Berlin a fermé ses portes à la fin du mois d’octobre. La région de Berlin comptait jusque-là trois aéroports : celui de Tempelhof qui vient donc de fermer ses portes, celui de Tegel d’où partent les vols des « grosses » compagnies, et celui de Schönefeld qui est techniquement situé dans le Land de Brandenburg (Les Lands allemands sont l’équivalent de nos régions. La ville de Berlin est un également un Land.).

L’aéroport de Tempelhof n’était quasiment plus utilisé. Sa situation en plein cœur de la ville et ses pistes courtes avaient détourné les gros vols vers Tegel. Certains avions d’affaire privés se posaient encore à Tempelhof, mais l’aérogare était littéralement vide la plupart du temps. Economiquement parlant, la fermeture s’imposait, mais c’est une page importante de l’histoire de Berlin qui se tourne.

Je ne vais pas vous refaire un cours d’histoire sur l’aéroport (wikipédia est ton ami), en tout cas sur l’histoire ancienne de l’aéroport, sachez juste que Orville Wright (l’un des frères du même nom) y est passé un jour et que c’est dans cet aéroport qu’a été fondée la compagnie Lufthansa. Les bâtiments actuels ont été conçus par l’architecte hitlérien Albert Speer dans le plus pur style nazi, c’est-à-dire des bâtiments absolument immenses sensés donner un sentiment de grandeur. L’aéroport ne fut pas détruit pendant la deuxième guerre mondiale, ce qui est proche du miracle, tant la capitale allemande fut bombardée. Ce n’est « que » trois ans après la fin de la guerre que cet aéroport est devenu célèbre.

Avant toute chose, il faut rappeler qu’à la fin de la guerre, Berlin, tout comme le reste de l’Allemagne a été divisée en 4 zones d’occupations : russe à l’est (qui est devenue Berlin-Est), américaine, britannique et française à l’ouest (qui sont devenues Berlin-Ouest). Berlin-Ouest s’est retrouvé au beau milieu de la zone d’occupation russe de l’Allemagne. L’aéroport de Tempelhof s’est retrouvé en pleine zone américaine Berlinoise. Au début de la guerre froide (brrrrrr), Berlin est devenu un endroit où s’est cristallisée la guerre froide et toutes ses tensions, et est devenu un point très important pour les leaders à l’Est comme à l’Ouest. Staline a mal supporté de voir un îlot de décadence occidentale en pleine zone communiste civilisée. Il a donc essayé d’absorber Berlin-Ouest de la façon suivante. Berlin-Ouest était approvisionné principalement par route grâce aux autoroutes (Autobahns) en provenance d’Allemagne de l’Ouest (qui ne s’appelait pas encore Allemagne de l’Ouest). Staline a tout simplement fait couper ces routes « pour travaux ». Le plan était d’affamer la population de Berlin-Ouest pour qu’elle se tourne vers les magasins de Berlin-Est et leurs prix défiant toute concurrence.

Les Alliés ne sont pas restés les bras croisés. En ce début de guerre froide, il était très important de marquer son territoire et de ne pas céder un pouce de terrain. Berlin-Ouest ne pouvait pas passer à l’Est. L’approvisionnement de Berlin-Ouest a donc été décidé. Mais pourquoi l’avion ? Pour des raisons pratiques très simples. Il y avait trois couloirs aériens entre Berlin-Ouest et la future Allemagne de l’Ouest où les vols alliés pouvaient survoler la zone d’occupation russe en toute légalité. Abattre ou même attaquer un avion dans ces couloirs était un acte d’agression. Arrêter un train en rase campagne pendant des heures ne constituait pas un acte d’agression. Et pour arrêter un avion qui vole, soit il se pose tout seul, soit on le force à se poser (ce qui est dur), soit on l’abat. Donc, pour continuer à approvisionner Berlin-Ouest, l’avion était la meilleure solution : il aurait fallu que les Russes veuillent faire une guerre chaude et abattre un avion pour arrêter le processus.

Berlin-Ouest a donc été approvisionné exclusivement par avion entre le 24 juin 1948 et le 11 mai 1949, soit presque un an. Presque un an de vols quotidiens pour livrer à une population tout ce dont elle avait besoin : nourriture, vêtements, et même charbon pour le chauffage pendant l’hiver (qui heureusement n’a pas été très vigoureux cette année-là).

Tempelhof était le seul aéroport à Berlin-Ouest. Tempelhof a quelque part sauvé Berlin-Ouest et ses habitants.

Après la fin du blocus, Tempelhof est devenu un aéroport comme les autres. Les vols commerciaux réguliers ont été depuis transférés vers Tegel, puis vers Schönefeld. Il a été progressivement désaffecté pour ne plus servir à grand-chose au point de vue aviation. D’où sa fermeture. Pourtant, ce n’est pas avec facilité que les berlinois ont dit au revoir à cet aéroport. Un vote public a été organisé pour si les habitants voulaient le garder ouvert ou non, la fermeture a été voté d’une courte tête, je crois. Une pétition a été lancée quelques semaines avant sa fermeture pour tenter de renverser le processus, en vain. Dans la semaine qui a précédé la fermeture, des avions de l’époque du blocus ont fait plusieurs vols d’honneurs depuis et vers Tempelhof. J’ai ainsi pu voir au dessus de mon laboratoire voler des bombardiers américains des années 50. Ils volaient très bas et en formation serrée, très impressionnant.

Maintenant il faut tourner la page et songer à l’après.

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Me voilà donc ayant fraichement emménagé dans un appartement berlinois. Je devrais dire un appartement typique de Berlin, c’est à dire complètement vide à la livraison. J’avais en tout et pour tout une lumière dans le salon, une dans la salle de bain, pas de lumière dans la cuisine mais un four et des plaques électriques. Un appartement aux antipodes donc des maisons londoniennes disponibles tout de suite avec tout le confort…. La première étape fut donc un voyage à Ikea un vendredi soir.

Vu que je n’avais rien, j’ai dû tout acheter, du lit au canapé en passant par la table et les chaises. Pas mois de deux chariots Ikea y passèrent, et c’est lourd à remplir. Après un passage aux caisses peu évident, il a fallu ramener tout ce beau monde dans mon appartement. C’est là que le système de Möbel-Taxi (littéralement, taxi pour meubles) est arrivé. Il s’agit de livreurs et de leurs camionnettes qui attendent à la sortie d’Ikea que des clients chargés de meubles mais sans moyen de transport aient besoin de faire livrer lesdits meubles. Ils montent les meubles dans les étages moyennant un petit supplément. S’ils ne sont pas là, un coup de fil suffit. J’ai donc utilisé ce moyen de transport pour rentrer chez moi. Ensuite, il n’y avait plus qu’à monter tout ce beau monde.

Les appartements à Berlin sont donc généralement vides. Certains se louent meublés mais constituent plus l’exception que la norme et sont généralement plus chers. Une autre possibilité est le rachat  » au cas par cas  » d’éléments de mobilier ou autres laissés par les précédents occupants.

Qui dit appartement vide dit il faut tout acheter ou récupérer soi-même. Un bon moyen pour ça, ce sont les nombreux marchés aux puces que compte la capitale allemande. C’est un peu comme internet : on y trouve de tout ou presque, on ne trouve jamais ce que l’on cherche et toujours ce dont on ne voulait pas au départ. Personnellement, j’adore l’amoncellement de choses, meubles, objets insolites en tous genres. J’adore dénicher la petite bricole pour décorer un appartement au départ vide qui se rempli au fur et à mesure.

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Deuxième épisode de mes palpitantes aventures en Allemagne (le pays où la bière est moins chère). Aujourd’hui, un peu d’histoire, puisque c’est du Mur de Berlin dont il sera question pendant les prochaines lignes.

Résumé des épisodes précédents : nos héros sont en difficulté.

Je ne reviendrai pas sur la division du monde, de l’Europe et de l’Allemagne qui suivit la fin de la deuxième guerre mondiale. Je rappellerai simplement qu’à l’issue de celle-ci, l’Allemagne est divisé entre les Occidentaux et les Russes. Berlin subit le même sort et est elle aussi divisée en zones d’occupation. A la place, projetons nous directement en 1961.

1961 : La frontière entre Allemagne de l’ouest (BRD auf Deutsch) et de l’est (DDR auf Deutsch) est fermée, rideau de fer oblige. Seule Berlin constitue un passage possible de l’est vers l’ouest, c’est à dire de la DDR vers Berlin-est, de Berlin-est vers Berlin-ouest et de Berlin-ouest vers la BRD. C’est un bordel innommable, mais des millions de gens (littéralement) fuient la DDR. C’est pour arrêter le flot de réfugiés allant vers l’ouest que le gouvernement de la DDR décide la construction du mur, officiellement pour se protéger des espions de l’ouest… Le mur vivra 28 ans, brisera de nombreuses vies et de très nombreuses familles.

Car au-delà de l’Histoire, ce sont (presque) toutes les histoires du mur qui m’intéressent. Comme dans tout événement de cette ampleur, leur nombre est immense, mais chacune révèle la tragédie et la stupidité qu’a été ce mur. On navigue souvent dans une zone ténue entre drame et comédie, entre le tragique et le cocasse. Par exemple cette photo a fait le tour du monde et en a fait rire plus d’un. Moins drôle, cette femme qui essaya de passer à l’ouest en sautant par une fenêtre. Rattrapée par un garde de l’est, elle se tua en tombant.

Car le tracé du mur fut à quelques endroits assez cocasse. Ainsi sur la Bernauer Strasse, la rue était à l’ouest, les bâtiments à l’est. Cocasse également fut le sort du réseau de métro berlinois (le S-Bahn et le U-Bahn). Le tracé du mur ne collait évidemment pas avec le tracé des lignes, ce qui fait que certaines lignes partaient de l’ouest, traversaient une partie de Berlin-est et revenaient dans Berlin-ouest. Or pour une raison que j’ignore, ces lignes furent maintenues en service. Les voyageurs de l’ouest pouvaient donc traverser Berlin-est. Dans Berlin-est, les anciennes stations le long de ces lignes furent fermées mais les trains passaient toujours, au ralenti, encadrés par plusieurs rangées de gardes. Quand ces stations furent réouvertes après 1989, la décoration n’avait pas changé depuis les années 40 (et a été conservé dans certaines d’entre-elles jusqu’à aujourd’hui).

Cocasse aussi furent certaines évasions. Par exemple, ceux qui ont réussi à tendre un câble entre Berlin-est et Berlin-ouest et à s’y laisser glisser, ou bien celui qui a réussi à fabriquer un costume d’officier russe pour passer sans encombres les postes frontières, ou bien ceux (nombreux) qui ont réussi à creuser un tunnel entre l’est et l’ouest et faire passer des gens (l’un d’eux deviendra l’un des premiers allemands dans l’espace). Pourtant, il serait dur de rire quand on sait que les gardes de l’est avaient ordre de tirer à vue sur ceux qui essayaient de passer à l’ouest.

La fin du mur elle aussi fut cocasse. C’est à la suite d’un malentendu que le mur fut ouvert. Le ministre de la propagande est-allemand de l’époque lors d’une conférence de presse n’avait pas compris les ordres qui lui avaient été transmis juste avant et fit croire à tout le monde que le mur était ouvert pour tout le monde (sauf que les ordres n’étaient pas effectifs immédiatement et seulement selon certaines conditions). Le soir même (9 novembre 1989), des milliers de gens se ruent sur les checkpoints. Les gardes, ne voulant pas provoquer une éffusion de sang, ouvrent les portes.

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Ou comment j’ai appris que les allemands n’aiment pas qu’on se moque d’eux.

Retour en arrière.

Lundi après-midi. Je me rend à mon futur laboratoire pour y signer quelques papier. Je suis en Allemagne depuis la veille. Je n’ai (presque) pas prononcé un mot d’allemand depuis cinq ans. Tout ce que je me souviens de cette noble et belle langue (qui sonne doux aux oreilles du français que je suis) c’est « Ich spreche keine Deutsch », ce que je traduirais en ces mots : « Tu peux toujours courir pour que je te réponde, mon gars. »
Je suis donc sur le quai d’une station de métro (pardon, U-Bahn) attendant le U-Bahn donc. Vient vers moi à ce moment un homme qui, il me semble, me pose une question. Aussi sec, je répond par la phrase suscitée, pensant me tirer d’affaire.

Ce que j’avais oublié, c’était que j’imite inconsciemment les gens autour de moi, surtout quand il s’agit d’accents. Il m’a ainsi été très difficile de conserver ce noble accent anglais (que j’ai consolider grâce à mon prof de littérature anglaise, un pur British) quand j’était à Montréal (où l’on parle anglais avec un accent américain). J’ai pu ainsi en une journée très bien imiter l’accent allemand, accent avec lequel j’ai répondu à l’homme du dessus.

Imaginez donc la scène suivante. Vous êtes perdu. Vous demandez donc votre chemin à un passant qui impassible, vous répond « désolé, je ne parle pas français » dans un superbe accent parisien.
Vous le prenez mal.

C’est ce qui s’est passé.

Le visage de l’homme en question s’est un peu renfermé, puis il m’a lancé un truc que j’aurais du mal à traduire par « superbe diction et bienvenue dans notre noble patrie, ami d’outre-Rhin ».

Je ne faisais pas le fier après ça.

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