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Richard Feynman

Encore une (bonne) vidéo. Cette fois c’est Richard Feynman qui s’y colle, un des plus grands esprits du vingtième siècle.

Bon week-end.

Connaissez-vous le time lapse ? C’est la technique qui consiste à prendre une image toutes les x secondes pour ensuite recréer un film avec 24 images par secondes. C’est la technique qui permet de voir des choses qui prennent beaucoup de temps en accéléré. Couplé à un sens artistique développé cela donne des clips vidéo très bien foutus, comme celui de la chanson de Death Cab for Cutie Little Bribes, réalisé par Ross Ching

Bon Visionnage.

Monarchie de juin

Il y a quelques jours, notre président a réuni ce que l’on appelle le parlement (l’assemblée nationale et le sénat) en congres à Versailles pour s’exprimer sur sa politique, ce qui avait été accompli et les projets de notre cher président. Ce petit rassemblement a également été le prélude à l’annonce d’un remaniement ministériel d’envergure.

Comme j’aime à le rappeler aux membres du peuple germanique que je croise sur mon lieu de travail chaque jour et qui me pressent de questions sur la particularité de la nation du nain surexcité, la France est un pays, sinon le pays du symbole. Il serait donc opportun de rappeler que c’était la première fois depuis Napoléon III que le président de la France (mais pas de tous les français) s’adressait ainsi au parlement. Qui plus est, cela c’est passé dans ce lieu ô combien symbolique qu’est le château de Versailles, dont on avait chassé pour l’occasion la masse les touristes.

Notre système politique est un système démocratique (donc où le pouvoir émane du peuple et n’est pas imposé au peuple) dont un des principe fondateur hérité de la philosophie du siècle des lumières est la séparation des trois pouvoirs : le pouvoir exécutif avec le petit nerveux qui fait semblant de prendre des décisions, le pouvoir législatif avec une ribambelle de parlementaire qui quand ils ne vérifient pas le confort des sièges de l’assemblée en y pionçant sous les caméras n’y vont carrément pas, et le pouvoir judiciaire avec les juges et les magistrats qui essaye tant bien que mal de faire respecter les lois votées par la précédente catégorie.

Selon le principe dit chacun chez soi et les vaches seront bien gardées, la séparation, donc l’indépendance de ses trois pouvoirs est nécessaire car cela permet le bon fonctionnement de chacun et d’éviter qu’un des trois joue au petit dictateur. Ce n’est pas un hasard si le dernier président en date à avoir parlé devant le parlement fut Louis Napoléon Bonaparte, plus connu sous le nom de Napoléon III ou encore Napoléon-le-petit. Ce n’est pas un hasard si c’est après son règne que l’on a interdit aux présidents de le faire. Ce n’est pas un hasard si tous les présidents se sont tenus à cette règle, y compris De Gaulle qui n’était pas le dernier question je prends tout le pouvoir pour moi.

Tous les présidents ont respecté la loi et donc le principe de séparation des pouvoirs. Notre président non. Ce n’est certes pas la première fois que le principe de la séparation des pouvoirs échappe au petit nerveux, les lecteurs réguliers ou occasionnels de l’excellentissime blog de maitre eolas savent à quel point l’indépendance du pouvoir judiciaire a été mise à mal ces dernières années pour être quasiment réduite à néant. La volonté de pouvoir du petit nerveux est une réalité qui dépasse le cadre strict des institutions de ce pays. Le démantèlement du CNRS l’année dernière témoigne de cette volonté de concentrer dans une seule paire de mains tous les pouvoirs possibles et de détruire ce qui pourraient y échapper. Le vote de la modification de la constitution n’a pas été en cela une surprise, juste une très désagréable découverte. Il est intéressant de noter que ce parlement se réuni à Versailles qui n’est pas à proprement parler un haut lieu de démocratie et d’équilibre des pouvoirs.

Qu’il est facile de tomber dans une critique du petit nerveux, qu’il est facile de tomber dans un anti-sarkozysme auquel je n’ajouterai ni primaire ni secondaire. L’homme a tous les pouvoirs, il est normal qu’il attire toutes les critiques et toutes les caricatures même s’il ne semble pas apprécier la deuxième catégorie. Il serait pourtant opportun de se rappeler que lui seul n’a pas pu accomplir ce contournement de principe. Il a été aidé, et bien aidé par les députés de la maison bleue. Et s’il y a bien des gens contre qui les critiques de concentration du pouvoir doivent se diriger, c’est bien contre toutes celles et tous ceux parmi les députés et les sénateurs qui ont voté cette modification de la constitution, de notre constitution, qui ont permis cette entorse à un principe fondamental de notre société et qui ont tout simplement vendu leur propre indépendance et leur propre pouvoir pour quelques miettes politiques. Tous ceux-là ne mérite rien de mieux que mon plus profond mépris.

C’est aujourd’hui que débutent les épreuves du baccalauréat comme le veut la tradition par la philosophie.

Je souhaite bon courage à toutes celles et ceux qui planchent en ce moment.

Pourquoi (pas) Lamarck

En cette année du grand Charles, j’entends à droite comme à gauche non pas des commentaires sur l’amputation de la partie essentielle de la loi Hadopi par le conseil des sages (allez donc voir chez eolas pour la traduction politique – français, son dictionnaire est à jour). J’entends par contre parler de plus en plus d’un certain Jean-Baptiste (de Lamarck de son état civil) : un petit insert dans la revue internationale du CNRS consacrée à Darwin et à l’évolution, dans certains blogs, dans certaines revues dites spécialisées, voire même il y a peu dans ma boite de courrier électronique par le biais d’une invitation pour une célébration du bicentenaire de la publication de l’œuvre majeur de Lamarck à Paris. Le courrier en question rappelle que

Lamarck tient une place importante [dans l’élaboration de la théorie de l’évolution] qu’il n’y a aucune raison d’oublier.

Divers scientifique veulent donc nous refaire manger du Lamarck au petit déjeuner, et ce pour deux raisons : Lamarck a donc été un des premiers à parler d’évolution et a aidé à faire admettre que les espèces évoluaient (et n’ont jamais cessé) ; Les idées de Lamarck n’apparaissent pas si saugrenue que cela à la lumière de récentes découvertes, notamment en épigénétique.
Rassure-toi cher lecteur, il ne s’agit pas ici de refaire le procès Lamarck contre Darwin. Je ne suis pas un Darwiniste, encore moins un Lamarckiste. Je suis juste un évolutionniste et je vais essayer d’expliquer pourquoi nous ressortir Lamarck ressemble à une bonne idée qui n’en est pas une.
Tout d’abord, resituons.

Lamarck est la génération antérieure à Darwin : il est né en 1744 et est mort en 1829. Tout cela et bien plus encore, vous pourrez le retrouver sur sa page wikipedia (j’ai la flemme de faire le lien). On lui doit quelques livres, dont la Philosophie Biologique publié il y a tout juste 200 ans (la coïncidence me trouble en cette heure matinale).
On doit à Lamarck (et à quelques autres) l’invention du terme « biologie » au début du XIXème siècle (du grec bios vie et logos science) comme l’étude de ce qui est « commun aux végétaux et aux animaux ». On lui doit surtout, et ce n’est pas pour ça que la postérité se souvient de lui,  une des première formalisations de l’évolution des êtres vivants dans son sens littéral : les espèces évoluent au cours du temps, changent. Pour Lamarck, l’évolution des être vivants est une nécessité. Elle se dirige inexorablement vers un une plus grande complexité des êtres vivants et se fait par l’adaptation au milieu. Pour Lamarck, tout être vivant naît à partir d’un être vivant. Lamarck a donc le droit d’être crédité comme étant celui qui aura posé les bases théoriques de l’évolution. Darwin, qui avait, comme le grand Pierre l’aurait dit, oublié d’être con, ne s’était pas trompé en admirant notre Jean-Baptiste.
Pourquoi alors c’est Charles que l’on célèbre et pas Jean-Baptiste ? Parce que Jean-Baptiste, aussi génial et révolutionnaire fût-il se trompa sur le mécanisme par lequel l’évolution s’effectue.
Le mécanisme qu’avait proposé Lamarck porte encore aujourd’hui le doux nom de transmission des caractères acquis. Tout d’abord, Lamarck ne l’a pas proposé mais n’a fait que reprendre des idées très répandues à son époque. On peu résumer ces idées comme suit.
Pour s’adapter à leur milieu, les organismes acquièrent des caractères utiles au cours de leur vie et perdent des caractères inutiles. Ces caractères, acquis durant la vie sont transmis à la descendance. Le cou de la girafe est souvent cité comme exemple : la girafe a tendu son cou au maximum pour manger les feuilles en haut de l’arbre, puis a transmis son cou allongé à sa descendance. Cela a l’air clair comme de l’eau de roche, pourtant cela ne serait être plus faux.
Là où Lamarck et la sagesse populaire de son époque ont eu faux, c’est le grand Charles qui a eu juste. Le mécanisme de l’évolution n’est pas la transmission des bons caractères acquis au cours de la vie, ceux qui permettent de mieux s’adapter au milieu, mais la transmission de tous les caractères puis sélection de ceux qui permettent de mieux s’adapter au milieu par sélection des individus qui portent les caractères permettant de s’adapter le mieux (la sélection naturelle de Charles). L’acquisition de différents caractères (les mutations) et la sélection de ceux-ci sont découplés. Ces « découvertes » de Darwin ont été ensuite confirmées par la génétique et l’ADN, mais cela, ni Jean-Baptiste ni Charles n’ont pu le découvrir.
Pourtant, cette transmission des caractères acquis, que l’on qualifie assez injustement d’ailleurs de lamarckisme refait surface ces jours-ci sous couvert des récentes découvertes en épigénétique. L’épigénétique veut littéralement dire épigénétique, non pas la génétique de l’épis de maïs mais tout ce qu’il y a autour de la génétique. Il s’agit de toutes les modifications apportées à l’ADN sans toucher à la séquence génétique proprement dite (la suite de A, T, G et C reste strictement identique). Il s’agit de modifier où, quand et comment les gènes vont être exprimés (entre autre). Ces modifications sont également transmises à la descendance, mais pas de la même manière que les gènes, on parle de transmission non mendélienne.
Ces modifications sont également soumises à la sélection naturelle : l’individu portant les modifications qui permettent de mieux s’adapter sera sélectionné et aura plus de descendance. L’individu ne pourra pas au cours de sa vie acquérir des modifications bénéfiques et se débarrasser de modifications néfastes. L’épigénétique n’est pas du lamarckisme, ni de la transmission de caractères acquis.
Du reste, il me semble qu’à quelques exceptions près, c’est surtout de notre bonne vielle France que partent les appels à la reconsidération de Lamarck. En cette année Darwin, j’aurais du mal à ne pas voir ça comme une tentative un peu vaine pour les français d’avoir leur Darwin à eux et de contrer l’Anglo-Saxonie et son hégémonie scientifique. Autant replacer Lamarck à sa juste place dans l’histoire de la théorie de l’évolution est justifié, autant ressortir des concepts faux pour tenter de le replacer dans la biologie actuelle n’est pas des plus utile.

Hibernatus voyagus

Sortons un peu de notre torpeur et notre hibernation un poil forcée (l’hibernation) pour faire revivre ce blog un peu délaissé ces derniers temps.

Tout d’abord, il faut que l’équipe de Procrastinons un peu…, c’est à dire moi-même, ma secrétaire et la bonne centaine de collaborateurs chargés de fouiller la toile et la science à la recherche de sujets qui vont vous défriser (oui, vous, amis lecteurs) explique le pourquoi du comment de la raison de l’absence : j’étais pas là. J’ai dû aller de l’autre coté de l’Atlantique dans une conférence géniale sur l’évolution (à Cold Spring Harbor pour ceux qui connaissent) et j’ai dû ensuite foncer ventre à terre dans cette magnifique région qu’est la Bavière.

Donc pas eu le temps de bloguer dans l’ordi mais j’ai ramené deux trois sujets de notes de cette conférence de la mort qui tue, je fais le tri et je reviens.

Je l’ai dis, je le répète, la science est un monde merveilleux mais un monde cruellement merveilleux. À dire vrai, c’est un métier très dur pour lequel on trime sang et eau sur des expériences qui ne marchent qu’une fois sur dix (uniquement les jours de pleine lune, le reste du temps, c’est pire), sans compter les chefs tyranniques, les horaires impossibles, le travail les jours impossibles (dimanche et jours de fête), le manque de moyen, le manque de considération, l’absence totale de glamour du métier qui nous permettrais de séduire les membre du sexe identique/opposé (ami lecteur, raye la mention inutile, mais pas sur ton écran, sinon tu vas l’abimer) lors d’éventuels événements mondains.

Bref, le métier de thésard est un métier d’ingrat dont il faudrait être demeuré (ou cosmonaute) pour aimer ça. Il y a des fois où j’ai tout envie de plaquer pour aller vendre des disques à la FNAC ou m’engager dans les cœurs de l’armée rouge. Surtout quand on nous envoie dans des endroits pas possibles pour des conférences où il y aura trois pelé et un tondu.

Franchement, c’est dur, la vie d’un scientifique.

Tout ça pour vous dire que je ne vais pas être en mesure de poster autant que vous le souhaiteriez durant les deux prochaines semaines. Aussi pour vous faire patienter et parce que je sais que vous aimez la musique, je vous fais part de deux vidéos musicales. L’une d’un groupe français dénommé Elista, la deuxième de la dénommée Émilie Simon. Il va sans dire que je vous recommande chaudement l’audition des œuvres des artistes suscités.

À bientôt.